Château de Dondainville



Petite histoire du Château Dondainville
Bâti sur le site d’une ancienne villa romaine, ce fief seigneurial est attesté dès le XVIème siècle.
XVIIème siècle : A cette date, un long château rectangulaire existe avec un grand parc boisé à l’arrière, une double arcade en permet l’accès. De l’autre côté, un portail avec piliers massifs donne accès à la ferme attenante avec les communs, remises et grange ainsi qu’un colombier. L’enceinte extérieure est délimitée par deux tourelles : l’une carrée côté route et une ronde côté mare.
Le domaine a été racheté par Pierre Dumoutier, intendant du château de la Sablière à St Germain le gaillard, il appartient ensuite à son fils, Charles Dumoutier de Dondainville, juge à Chartres.
XVIIIème siècle : Son fils, Louis-Pierre-Gui Dumoutier de Dondainville, également juge à Chartres, hérite du domaine et décide de faire bâtir un château neuf car l’ancien commence à se dégrader. Il choisit de faire ériger le nouveau bâtiment à côté de l’actuel pour continuer d’y loger pendant les travaux. Hélas ceux-ci, commencés peu avant la révolution seront stoppés en cours. Seul le pavillon sud et une partie du mur arrière du logis central ont été terminés. Le grand logis au cœur du projet ainsi que le pavillon nord symétrique ne seront jamais construits.
La famille réside néanmoins sur place dans le vieux château pendant toute la période révolutionnaire sans être inquiétée.
XIXème siècle : C’est la petite-fille Françoise-Césarine Dumoutier de Dondainville qui en devient l’héritière et décide de faire aménager le pavillon construit en petit château pour ses séjours sur place car elle vit à Paris principalement. Elle déleste le vieux château très dégradé de ses belles portes et boiseries et les fait remonter dans le pavillon. Elle est veuve assez jeune et n’a pas besoin de beaucoup de pièces ; néanmoins elle fait aménager cinq chambres au second étage pour ses domestiques.
En 1843, elle vend le château à un négociant qui est plus intéressé par le beau domaine agricole qui lui est attaché. Désormais, au fil des ventes, le caractère de château disparait au profit de la ferme. Les symboles seigneuriaux, coûteux en entretien et sans intérêt agricole sont abattus : le colombier, les tourelles ronde et carrée, les deux hautes cheminées du pavillon, la grande arcade charretière du parc ainsi que le parc lui-même qui est défriché. Le vieux château, privé de ses intérieurs disparait aussi à cette époque.
Avec les pierres récupérées, on construit les bâtiments agricoles nécessaires : grange, étable, bergeries autour du pavillon inachevé qui devient seulement la maison d’habitation de la ferme.
XXème siècle : Ainsi pendant des années, on oubliera que Dondainville fut le château d’Amilly, le mauvais entretien et le manque d’intérêt patrimonial de ses propriétaires successifs le firent disparaitre des mémoires, ce n’était qu’une ferme avec une maison originale en forme de tour, rien de plus. Sur la terrasse de l’ancien château démoli, on construit même un hangar agricole au début du XXème siècle.
Après bien des vicissitudes, en 2000 a lieu le démembrement final du domaine : les terres sont vendues à un agriculteur et les bâtiments avec le champ attenant à une entreprise de travaux publics qui y installe ses ateliers et ses bureaux dans le pavillon. En 2015, la partie bâtie historique revient dans le domaine public communal. L’ancien parc et ses abords devient un magnifique haras. Un projet de réhabilitation global est en cours pour protéger ce site patrimonial délaissé qui ne demande qu’à renaître.
Denis-Marc SIROT-FOREAU





